lundi, 04 février 2008

Quatres grandes orientations pour construire une politique publique de la diversité culturelle

Pour les six années à venir, les Verts proposent quatre orientations pour une nouvelle politique culturelle à Rennes et à l’échelle de la Métropole, qui placent les habitants et les artistes locaux au cœur de l’action publique.


1. Promouvoir la diversité culturelle et en finir avec la seule culture universelle

Il n’y a pas de gens cultivés d’un côté et des masses à instruire de l’autre. Il n’y a pas de bon et de mauvais goût. Il y a l’art, les artistes, la création artistique, exigeante et sans cesse en mouvement, et des cultures et des pratiques culturelles, propres à chaque citoyen ou groupe de citoyens. La politique culturelle publique doit prendre en compte cette diversité des identités culturelles et sortir du seul objectif de l’accès de tous à la culture dite « universelle ». Il s’agit désormais de proposer une politique culturelle locale, exigeante artistiquement, mais qui est élaborée avec et pour les habitants.

Le droit de chacun à exprimer sa propre culture, ou de s’en émanciper, impliquent que de nouvelles conditions soient créées. On doit permettre à chacun de s’investir dans des actions artistiques et culturelles, actions qui nécessitent par ailleurs une technicité importante dans leur conception et dans leur mise en œuvre. Il sera nécessaire de mobiliser des artistes et des professionnels de l’art, pour accompagner ces initiatives citoyennes en garantissant un souci permanent d’exigence artistique.


2. Renforcer les droits des artistes et des acteurs culturels locaux à exercer leurs métiers

Nous voulons favoriser la dynamique économique et sociale du secteur culturel, au travers des associations et des petites entreprises culturelles créatrices d’emploi local. Les artistes, les techniciens, les responsables de projets doivent bénéficier plus directement de la politique culturelle. Cette action publique doit jouer un rôle pour amoindrir les effets négatifs de la marchandisation de la culture, tout en inscrivant durablement de nouveaux droits à l’expérimentation artistique, libérée d’uniques objectifs de rentabilité économique. Le créateur doit être soutenu en lui offrant de meilleurs conditions de travail. L’habitant investi dans une association et l’entrepreneur indépendant doivent être reconnus pour leur rôle dans la vie artistique locale.


3. Reconnaître les droits des habitants en marge de la politique culturelle actuelle

Les Verts défendent celles et ceux qui ne bénéficient pas ou peu des politiques actuelles. Les actions envers les seniors et ceux qui ne peuvent se déplacer dans les équipements culturels (handicapés, malades, détenus), doivent être à ce titre développées avec et pour eux.
La jeunesse est la priorité d’une politique publique d’émancipation et de construction de l’identité par les arts et la culture : il faut donc développer l’éveil artistique chez les plus petits et accompagner les jeunes qui s’impliquent dans la vie culturelle, dans des projets innovants, favorisant l’esprit collectif, la rencontre des cultures et le sens de la fête partagée.


4. Affirmer les droits des citoyens à maîtriser la politique culturelle locale


S’il existe un privilège des décideurs et de certains bénéficiaires de la politique culturelle actuelle, c’est bien celui du secret ou du non-dit quant à la sélection des projets et l’évaluation des bénéfices que les citoyens tirent des actions culturelles financées par l’argent public.
Il paraît indispensable, pour donner durablement sens aux principes de diversité culturelle et des droits culturels, que la politique culturelle municipale apporte des garanties en terme de légitimité à servir l’intérêt général, et des éléments objectifs pour prouver qu’elle bénéficie réellement à l’ensemble de la population, aux artistes et professionnels locaux comme aux habitants.